L'opposition positive

CA BOUGE A TAVERNY… MAIS PAS (OU MAL) AUX PINS

En préambule au texte ci-dessous, rappelons que les réhabilitations de résidences de logements sociaux ne sont en rien la décision des municipalités, mais celles des bailleurs qui entament des programmes en fonction des crédits mis à disposition de la Caisse des dépôts. Qui a donc décidé de fermer les accès des immeubles vers la place publique (réaménagée il n’y a que quelques années) ? Quand l’aménagement urbain est le reflet d’une politique sécuritaire, il individualise, il sectorise, il annihile toute possibilité de liens et de construction de communauté de destins.

Dans le cadre de la préparation de notre programme pour les prochaines élections municipales, nous avons rendu cette après-midi une petite visite au quartier des Pins et à leurs habitant.e.s.

Un quartier qui subit une densification massive voulue par la mairie mais mal vécue par la population.

On a pu constater que la résidence des Pins a bénéficié d’un petit coup de jeune. Une réhabilitation que Madame le Maire reprend à son compte, alors que le donneur d’ordre est le bailleur Osica qui prend en charge le coût des travaux.

L’équipe municipale nous vend à tour de bras sa concertation avec les Tabernacien.ne.s . Dans ces quartiers où l’on vote peu voire mal si l’on se place du point de vue de l’actuelle majorité, apparemment on concerte moins.

Reconnaissant ne pas être présents dans le Conseil de Quartier et n’ayant donc pas donné leur avis sur son aménagement, les jeunes gens que nous avons croisés n’en sont pas moins dubitatifs, quant à l’installation de nouveaux dispositifs, dont le but est de rendre plus difficile la circulation des deux roues motorisés dans la résidence (voir photos). D’une part, ce dispositif gênera aussi les cyclistes (pour une ville qui veut développer les modes de circulation douce…). D’autre part comme le montre nos clichés, ces dispositifs n’empêchant pas grand-chose, donnent surtout l’impression de clôturer cette résidence comme une injonction à ses occupant.e.s de ne pas trop en sortir, de ne pas être visibles en dehors des lieux et ne surtout pas investir d’autres quartiers de la ville, notamment le centre. Pour nous qui militons pour l’émancipation et la participation de la population à la vie de la ville, voilà ce qui parait inconcevable.

A propos du lien social et du service rendu à la population, le départ à la retraite partiellement compensé du gardien ne nous parait pas aller dans ce sens. Le nouveau titulaire du poste n’est plus logé sur place et n’intervient que la semaine. Il y a bien des résidences à Taverny, certes du parc privé, où le gardien loge sur place et est donc présent en cas de coup dur le week end. Quand on parle de préservation du service public, le logement en fait partie.

Même si les membres de notre collectif n’ont pour la plupart pas endossé de responsabilités au sein de la précédente majorité tant décriée par l’actuelle équipe, on veut bien s’accorder un droit d’inventaire. Ainsi, on veut bien reconnaître que l’installation sur la place centrale de la résidence, de chaises en lieu et place de bancs publics pouvant accueillir plusieurs occupant.e.s n’était pas l’idée du siècle. La mairie, habituellement si prompte à remettre en question les choix du passé n’a en tout cas pas profité de la réhabilitation de la résidence pour corriger cette erreur manifeste. Rien n’est donc fait pour développer l’envie du vivre ensemble dans ce quartier, même le mobilier urbain qui interdit toute réunion collective. Forcément cette jeunesse n’est bonne qu’à préparer des mauvais coups. Il faut donc limiter au maximum la possibilité et l’envie de se réunir. Madame la Maire n’a rien fait pour corriger cet aménagement défectueux qui sert ses desseins sécuritaires.

Un autre aménagement pose question : celui des accès aux immeubles. Auparavant, les portes d’entrée donnaient vers l’intérieur de la résidence sur la place centrale. Chaque résident.e empruntait cet espace pour regagner son domicile, source de rencontres avec le voisinage. Dorénavant les accès sont orientés vers l’extérieur. Ainsi, on rentre chez soi sans passer par cette agora, un lieu central favorisant la probabilité d’une rencontre, d’une sociabilisation avec un.e voisin.e.

 Enfin, une discussion avec un habitant, nous a permis de mettre en évidence une malfaçon dans la réalisation des travaux. On parle des dispositifs podotactiles mis en place sur chaque palier pour alerter les mal-voyant.e.s d’une rupture de niveau. Seulement comme ceux-ci ont mal été positionnés, il faut forcer pour ouvrir entièrement la porte donnant sur l’escalier. Puis celle-ci ne se ferme pas spontanément et reste ouverte ce qui pose un double problème. D’une part un problème de sécurité incendie car les portes doivent être maintenues fermées pour permettre l’évacuation à l’abri des fumées puisque la réglementation précise qu’un escalier est une zone protégée, et d’autre part un problème d’isolation sonore.

Comme dit la mairie, ça bouge à Taverny, mais pas forcément en faveur des habitant.es.

Sébastien Davignon

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