Taverny, ville en transition

Ecologie, des initiatives locales pour parer un problème global

Qu’est-ce que l’écologie, sinon réorganiser les modes de faire, de produire, d’échanger et de vivre ensemble sans piller au-delà du possible, les ressources de la planète et sans déséquilibrer l’environnement ? Qu’est-ce, sinon retrouver les liens avec le vivant en endiguant le processus de destruction engendrée par la société thermo-industrielle? (Qui se définit comme celle dont le système repose sur l’exploitation des énergies fossiles). 

Depuis la fin du XXème siècle, des idées de solutions alternatives germent et se concrétisent dans le monde. Grâce à la détermination d’anonymes, des initiatives locales ont vu le jour pour améliorer le sort d’hommes et femmes en situation de survie, soumis aux aléas du climat ou à la dépossession de leurs ressources.

Même si les situations sont « inéquitablement » dramatiques, la prise de conscience nous concerne au pas de la porte, étant spectateurs et spectatrices du dérèglement climatique et déjà, ou pas encore, victimes de la dégradation des conditions de vie quotidienne. (Dans certains pays, c’est l’eau la substance de la vie qui est une ressource épuisée).

Si la conviction qu’il faut agir pour lutter contre la destruction de la planète, incite déjà un grand nombre d’humains à modifier comportements et modes de vie, ces petits gestes, pourtant nécessaires et à poursuivre absolument ne suffisent pas sans l’organisation collective. C’est par le principe simple de relocalisation de la production et de la distribution des biens mis en partage, que la lutte contre la mondialisation destructrice de l’environnement fait son chemin, en y ré-associant la mise en commun des pouvoirs de décisions.

Relocaliser la production, la distribution et les pouvoirs de décisions

A l’échelle des villes, des plans cohérents et concrets sont mis en œuvre, y compris dans les grandes agglomérations et capitales mondiales, avec l’objectif d’atteindre l’autonomie sur deux points essentiels : autonomie alimentaire et autonomie en énergie. https://www.metropolitiques.eu/Les-villes-en-transition-l.html – https://www.mairie-ungersheim.fr/village-en-transition/

Ces « villes en transition » investissent finalement peu de leurs budgets relativement aux bienfaits retrouvés pour l’ensemble des habitants, tout en contribuant à la lutte écologique globale. Rechercher l’autonomie des villes permet de localiser et réduire l’une des sources les plus importantes de pollution à travers le monde que sont les transports des matières premières, des productions industrielles et agricoles, des déchets et des personnes.

Tendre vers l’autonomie alimentaire n’est pas si complexe. C’est produire sur place et distribuer pour que le prix de l’alimentation locale et bio devienne inférieur au prix de l’alimentation vendue par l’agro-industrie mondialisée.

  • Collaborer avec les maraichers, inciter, jusqu’à acheter des terres agricoles pour aider à l’installation ou louer à prix modique. Replanter des vergers. (https://terredeliens.org/)
  • Organiser dans tous les espaces verts de la ville des jardins partagés, inciter à planter les balcons, terrasses, toits, bacs, palisser les murs.

(Les jardins solidaires sont nés en Australie en 2006. En transformant de façon ultra-rapide une pelouse, une cour, un trottoir en potager cultivé en permaculture, on va bien au-delà de la recherche d’une alimentation saine, on crée un nouvel art de vivre d’échanges, de liens et de respect des lieux). A Taverny, on peut aussi envisager en plus de tous les espaces déjà inventoriés, redynamiser la vie des sentes en y mêlant jardins palissés, bacs et expressions artistiques comme dans les ruelles de Montréal.)

Distribution

  • des Amap : production financée et gestion citoyenne. Les producteurs s’en sortent en vendant à des prix corrects, tandis que les consommateurs en liens directs ne dépensent pas plus et anticipent les coûts d’exploitation des producteurs.
  • des groupements régionaux de proximités (en travaillant avec les producteurs, les épiceries, les boulangers, les restaurants, les consommateurs…c’est là que l’introduction de la monnaie locale est un atout très fort… (http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/ et https://defi-citoyen.blog/84-2/monnaie-locale/)
  • des coopératives d’achat en gros d’épicerie (bio) (prix plus intéressant et moins de déchets d’emballage) (voir les réseaux GASE qui existent déjà http://gase.parlenet.org/)
  • des magasins participatifs (temps de travail partagé, prix plus doux contre temps de travail, pas de bénéfices envisagés).
  • Distribution pour la restauration collective (avec en parallèle la lutte contre le gaspillage.)

L’agriculture urbaine dépasse le seul enjeu de l’approvisionnement : elle instille un réflexe citoyen qui annule la pauvreté, rétablit la convivialité dans les quartiers, entretient la biodiversité et émancipe les citoyens des circuits économiques. Elle rétablit « les communs » qui étaient les terrains communaux mis à disposition des habitant.es en Angleterre pendant des siècles.

L’organisation de la production et de la distribution alimentaire locale se double d’espaces conviviaux : un café, des ateliers cuisine, des petites cantines participatives et d’animations culturelles. (A Berlin, les surplus alimentaires des jardins partagés ont donné lieu à l’organisation de « disco-soup »)

Commerce relocalisé, économie collaborative, amélioration du pouvoir d’achat

Cette organisation de la distribution des denrées alimentaires, peut s’étendre à la distribution d’autres produits et organiser un cercle vertueux de recyclage/réparation/ apprentissage en ateliers. Là encore pléthores d’initiatives s’organisent dans le monde, tandis que parallèlement un sauvetage des commerces locaux est pris en charge par des collectifs citoyens, par la création de coopératives (par exemple une librairie sauvée par les habitant-es). https://www.macommune.info/poligny-une-librairie-reprise-par-des-clients/ http://www.cigales.asso.fr/

Le partage des objets de la vie quotidienne, des services et des savoirs sous forme de « banque de temps » (voir aussi les SEL), permet de soustraire les citoyen.nes à l’économie mondiale, et en plus, en s’appuyant sur une monnaie locale non spéculative. (L’explication des atouts de la monnaie locale demande un article en soi). Prodiguer des soins par exemple, à des personnes qui ne pourraient pas se permettre de les payer, au travers du partage des services est un pas vers le bien vivre. Ces échanges jouent un grand rôle social.

En quoi cette organisation de l’économie dite solidaire participerait de l’écologie ? Elle mutualise et réduit la consommation, réduit les transports et participe au partage des richesses.

On peut également associer à ce fonctionnement, tout le volet de réduction des déchets : réduction des emballages et recycleries

Autonomie énergétique plus compliquée mais possible

L’autonomie énergétique de la ville est accessible sous réserve de quelques investissements (subventionnés correctement par l’Europe). Comme pour l’autonomie alimentaire, l’organisation de la production et de la distribution vont de pair pour tendre vers l’objectif de relocalisation. On peut y ajouter la réduction des déperditions propres à la production d’énergie fossile et nucléaire, ainsi que le transport de l’électricité.

https://www.negawatt.org/Scenario-negaWatt-2017-2050

Production

La réduction des déperditions énergétiques est déjà dans la production et la relocalisation : la production de l’électricité par les énergies renouvelables dépense moins d’énergie que la production thermo-industrielle (fossile et nucléaire).

Electricité pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire des foyers et des bâtiments communaux

La production d’électricité se base sur un mixte d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, méthanisation des déchets, géothermie, etc…selon les opportunités offertes par l’environnement localement). L’investissement peut être important mais toujours rentabilisé assez rapidement, puisque la source d’énergie est gratuite au contraire des énergies fossiles et nucléaire. Le montant de la facture des habitant.es est forcément à la baisse, et de plus en plus sur le long terme.

La recherche de l’autonomie en production d’électricité peut être un sujet porté par la communauté d’agglomération.

Dans certaines villes de France, des habitant.es se sont organisés pour produire de l’électricité à partir de sources renouvelables. De leur propre initiative au départ, ils se sont vus accompagnés par les communes ou les communautés d’agglomération, mais tout en gardant la gestion citoyenne de leur projet. L’investissement a également été soutenu par le fonds d’investissement solidaire du réseau Energie partagée, qui accompagne aussi techniquement les groupes d’habitants qui souhaitent changer de sources d’énergie.

Exemples : energie-partagee.org, enr-citoyennes.fr, http://www.centralesvillageoises.fr/, voir des dizaines d’exemples en France sur le net.

Distribution

Le transport de l’électricité sur un réseau sur de longues distances est une cause de grande perte d’énergie. Produire localement permet d’économiser énormément d’énergie en la gaspillant moins.

A Loos-en-Gohelle (dans le Nord), la municipalité a construit et atteint son autonomie énergétique avec la participation des habitant.es, en installant une centrale photovoltaïque au pied des terrils, des panneaux photovoltaïques sur les toits et un parc de six éoliennes).

Réduction des déperditions d’énergie (Chapitre en construction)

Eco-quartier

Redéfinir ce qu’est un éco-quartier (Chapitre en construction)

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