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Qui plante un arbre, ta verte nie


Planter un arbre

Je n’avais pas compris que la formule signifiait qu’on le laissait tomber, qu’on le faisait déraciner.
Et encore, être déraciné, ce serait se soucier de ses racines, d’un arrachage qui le prélèverait de son sol pour le repiquer ou le déplacer dans une plantation protégée.
Et non, ce sera tronçonneuses, brutalité de machines.

Ces nouveaux radicaux attentent même à la racine en l’anéantissement par la coupe.

Planter un arbre comme on plante un ami pour le laisser choir.
A brève échéance.

– Mais, madame Duchesne, nous plantons des mini-forêts, et nous le faisons savoir dans les journaux télevisés qui nous servent sur un plateau.
Plateau contre des platanes. Et des journaux pour étourdir les étourneaux.
Et tourne et détourne, les étourdis.

Qui plante un arbre t’avertit.
Qui plante un arbre pervertit.
Mère plante un arbre et père verdit.
Les affamés m’étrillent.
Les mal-famés fourmillent.

Pendant qu’ils plantent des mini-forets, ils plantent (abandonnent) les arbres, ils plantent une tronçonneuse dans le dos d’un tronc distrait.

Qui défendra les arbres quand il n’y a pas de cabanes de résistant, pas de branches qui nous rendent inaccessibles les autres branches, pas de troncs francs qui protègent les troncs bientôt désossés en tronçons.

Pleurons les troncs vivants sous les tronçons de bois, les tronçons de routes, les traceurs de morne avenir qui d’un rond point nous font tourner en rond dans le cercle de leur obsession.

Tronconnage
Tronçons d’un autre âge !
Tronçons d’un outrage.
Tronçons de notre rage.

Des tronçonneurs, ces vils-là !

Pas de BAD Bois à défendre mais un bois à descendre, un « bois à ta santé », assoifés de routes ou d’arbres en déroute.

Bien sûr ce ne sont pas défonceurs de forêt mais des forceurs affairés : affairés à déforester, à des faux rester. Rester des faux défenseurs des forêts.
Quel aphorisme pour résister ?

Comment peut-on à ce rond-point butter un arbre ?

-Quel piètre poète vous faites, Monsieur Duchesne.

Mais quel poète aujourd’hui pour opposer aux chaînes le réseau qui ne rompt point?

Il me faut planter le décor! L’installer sur le plan du langage pour le planter.
Planter le décorum de l’agenda 21! Plantage de plant.

Pas de forêt à défendre mais un petit bois, un bois mineur.
Qui défendra la minorité du bois ? Pas les saccageurs de la majorité
Ils ne tolèrent pas les minorités qu’ils écrasent sans pester. À coupe de dix fameuses actions !
Frêles arbres sans protecteurs, mal armés pour la lutte.

Petit bosquet vert dont le nom déformé leur fait peur…

Un petit bois réduit comme peau de chagrin sous les coups de hache de leurs bassesses, sous les coups de projecteurs d’un bassin aquatique olympique où nous irons pleurer notre chagrin.

Au découpage des arbres commence leur découpe du monde, imposant sa scie aux vivants, laissant peu de part au vivant.

Morale du vite scier !
Vite scier et vertes tues !
Voilà l’hommage du vite scié à la verte tue…

Adelphe Duchesne

Je suis le frère Duchesne, la soeur Duchesne.
Je me rêve parfois sous-commandant.e Duchesne, sous la lanterne sans commandement.

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