Arbricide, L'opposition positive, Résistances

Un petit bois charmant

On y trouve une diversité toute forestière. Il y pousse des centaines de jeunes arbres mais les parents de 30 à 40 ans sont nombreux : familles d’érables les planes, les sycomores et surtout plus rares les champêtres – ceux dont on fait les violons. Et cet érable plane de 75 ans qui culmine, un aïeul sans doute.

Dans ce petit bois classé, cette zone naturelle, on voit des charmes et des chênes de 60 à 120 ans majestueux, bien droits, même un peu fiers entourés de leurs petits qui eux, attendent leur heure.

Puis, après les merisiers et les robiniers, un frêne portant 3 troncs, frisant les 60 ans est entouré d’aubépines. Au sol court de l’alliaire, du lierre terrestre- à vertu médicinale, puis à un mètre de hauteur des ronciers à mûres, des troènes sauvages et du seringa.

Un autre charme de plus de 40 ans, issu d’une cépée, c’est rare, s’étire, il est entouré de géraniums sauvages. De l’autre côté du chemin un petit orme et un fusain s’épanouissent puis bientôt viennent les orties plus près du restaurant rapide et quelques arbres rapportés de jardins.

Ce sont ces 1700 m° qui sont voués à être déclassés détruits goudronnés, rayés pour faire un autre rond point. Il y vit pourtant une joyeuse diversité et son allure de bois « pas entretenu » a permis le développement harmonieux de bien des espèces.

La fraicheur à l’intérieur du bois est saisissante 20° au lieu de 26°, une climatisation parfaite, silencieuse et naturelle. 

Gardons le , étendons le , défendons le.

23 août 2019

P.S : et je ne vous ai pas parlé du tapis de jacinthes bleues au parfum divin qui couvre le bois au printemps…

Catherine Sebag

Pas si anodin ce petit bois classé, l’expression d’une nature restant intacte, préservée de trop de fréquentations. Ci-dessous l’inventaire de l’ensemble des végétaux, réalisé par un spécialiste.

INVENTAIRE RÉALISÉ PAR Daniel Guais le 22-08-2019

Arbricide, L'opposition positive

« Le temps perdu qu’on ne rattrape plus »

Ne pas s’emparer du sujet de l’écologie et son urgence à laquelle nous sommes désormais confrontés est comme jouer à la roulette russe avec un pistolet automatique chargé (la première balle est toujours dans le canon). Il ne suffit plus d’être empreint de beaux discours sur l’écologie, un agenda 21 par ici, une petite jardinière par-là, en se convaincant que l’on peut s’affranchir du pire en promettant des compensations.

La nouvelle grande idée de la municipalité est de proposer d’abattre des arbres adultes en faisant la promesse d’en replanter d’autres ailleurs, pour compenser la destruction . On abat des arbres à cause de leurs feuilles qu’il faut ramasser, un peu de résine sur le parebrise, des racines qui déforment les trottoirs. On déclasse un espace protégé pour réaliser des aménagements qu’on croit importants …etc.

On ne replante jamais d’arbres adultes, seulement de jeunes sujets qui devront se battre contre des étés chauds, très chauds et des hivers longs, très longs. Replanter des arbres en ville va devenir une mission impossible, une course contre un climat devenu incertain et capricieux. Certaines essences d’arbres trop fragiles sont d’ores et déjà rayés de la liste des possibles. Si l’on compare l’urgence à laquelle nous devons faire face avec la croissance paisible d’un arbre, nous sommes déjà très en retard. Un retard qui ne peut plus être rattrapé avec lequel il nous faut composer.

La présence des arbres en milieu urbain comporte des bénéfices incompensables :

  • Essentielle pour combattre la pollution, pour la biosphère, la nidification…
  • Elle réduit la chaleur dans les milieux urbains
  • Les feuilles mortes peuvent servir pour protéger ou nourrir des plantes, faire du compost, un humus, un paillage, être transformer en engrais.

Il ne faut plus abattre, mais au contraire replanter pour capitaliser tous les bénéfices que peuvent nous apporter les arbres.

Dans les milieux rendus hostiles par la rigueur du climat, Toundra, Steppe, Savane, Désert, il n’y a pas ou peu d’arbres.

Patrick Couffin