L'opposition positive

NON AU ROND-POINT DE TROP

Un projet qui date de 25 ans, inutile et rétrograde

En janvier 2019, nous publions un article contre la construction du rond-point en faveur de l’accès au centre commercial « les Portes de Taverny », en réaction à la publication du Taverny-Mag d’octobre 2018 « 25 ans d’inertie ». Aujourd’hui, une enquête publique est en cours nous permettant de revenir sur le sujet en précisant quelques informations.

Une enquête publique est en cours à la mairie de Taverny durant ce mois de juillet : un temps très court et en période de vacances.

L’objet de l’enquête est de démontrer l’intérêt public de la construction de ce giratoire pour obtenir la possibilité de modifier le Plan Local d’Urbanisme. L’objectif est de déclasser une portion du bois des Aulnayes, inclus dans le périmètre d’un Espace Naturel Sensible (ENS) régional appelé Domaine Régional de Boissy.

Deux arguments sont avancés pour vouloir défendre l’intérêt public de ce projet :

  1. Désengorger l’accès au centre commercial actuel en cas de fortes fréquentations et faciliter l’accès des services de secours, tandis qu’une « voie pompiers » existe (il ne pourrait être ouvert au public sans elle). Elle chemine en arrière du centre commercial pour déboucher vers la rue de Vaucelles, puis RD502, Boulevard du Temps des Cerises.
  2. Désengorger l’accès au centre commercial en vue de réserver la voie actuelle pour la future piscine olympique. Or La voie actuelle au centre commercial ne répond pas de façon efficiente à la question de l’accès à la future construction sur un terrain enclavé derrière le stade le long de l’autoroute. Il semble absurde qu’un projet de construction qui occupera une parcelle de 62 565m² sur le territoire de la commune de Saint Leu la Forêt – un projet à 30 millions d’euros de travaux – ne disposera que d’une voie d’accès au travers du parc de stationnement du centre commercial.

Luttons contre ce projet qui dénaturera l’entrée de ville de Taverny.

Stoppons cette vision de l’aménagement du territoire qui vise à fluidifier toujours plus les flux marchands, au détriment du développement du commerce local des centres-villes. Il est prévu que le centre commercial participe à hauteur de 60% au financement du projet, les contribuables du département 20%, les contribuables de la commune de Taverny 20%. Le budget annoncé est de 3,12 millions d’euros.

Stoppons le grignotage des espaces boisés protégés.

Sauvegarder les espaces boisés en ville, c’est lutter contre les méfaits du changement climatique.

Maintenir les espaces naturels en milieu urbains,

  • C’est perdre quelques degrés en périodes de grande chaleur,
  • C’est garantir un taux d’humidité en cas de sécheresse,
  • C’est sauvegarder la biodiversité à laquelle nous devons apporter toute notre attention dans l’environnement proche.

Intervenez, poster votre point-de-vue dans l’enquête publique, en ligne sur le site de la ville. Il est possible de se déplacer en mairie.

Sylvie Boulanger

L'opposition positive

Aller plus loin

Lors de la dernière réunion publique réservée à la concertation sur les aménagements possibles du centre-ville (en mars 2019), un habitant a déploré l’absence d’attractivité du centre-ville, en particulier le dimanche. Il regrettait la fermeture du café-tabac Madison toute la journée et au passage le manque de diversité des commerces locaux.

A ces propos Madame la Maire a répondu de façon opportune, que « la municipalité œuvrait tant qu’elle pouvait pour animer le centre-ville, tout en respectant le droit à la pause dominicale pour la préservation de la vie familiale (on dit bravo!). Le kiosque et l’aménagement du parc Leyma ont été réalisé dans ce sens. La ville de Taverny est une des rares villes à proposer des animations gratuites dans l’espace public… »

Il est certain que nous, les habitant.es du centre-ville avons attendu avec impatience l’ouverture de la saison du kiosque (avril 2019), en souhaitant que la programmation soit partagée comme déclarée (mais « seulement avec des participant.es talentueu.s.es »). Nous regrettons quand même le coût de cet objet fétiche-pastiche fin XIXème.

Nous n’attendons pas que des déclarations d’intention, comme plaquées sur les panneaux de l’expression libre de grandes affiches pour prétendre que « ça bouge à Taverny » en installant 4 tables roses et vertes sur une surface carrelée au centre du marché.

Nous n’attendons pas que des divertissements, on veut construire du lien. On a besoin de partager des moments d’acteurs de la vie publique, non pas seulement spectateurs ou consommateurs. On a besoin de se rassembler pour partager une communauté de pensées pour créer un destin commun.

Pour se faire, il manque l’espace public à disposition. Et pourtant, l’idée de création d’une maison des associations émise par un habitant lors de cette dernière réunion publique a été rapidement balayé d’un revers de main par l’exécutif municipal (maire et adjoints confondus), tandis qu’en préambule de cette concertation, « on avait le droit de rêver ».

Une ou des maisons des associations est une demande forte et symbolique de Défi citoyen Taverny. Cette ville de plus de 26 000 habitants ne dispose pas de cette ressource citoyenne vivace, tandis que beaucoup de villes en France beaucoup moins peuplées, ont construit ce cadre d’accompagnement des activités des habitant.es. Se réunir, discuter, partager des activités sont les bases de la vie démocratique. Où se réunissent les associations et plus largement les habitant.es à Taverny ?

Pour aller plus loin, au-delà du constat, Défi Citoyen réfléchit à la mise en œuvre de maisons des habitant.es, par quartier, dans des locaux mis à disposition par la municipalité ou les bailleurs. Ces maisons citoyennes ne fonctionneraient pas exactement comme le centre social Vigneron rebaptisé « Maison des habitants Joséphine Baker » ce samedi 29 juin 2019.  Nous sommes favorables par ailleurs à l’existence de tels lieux, financés par la CAF et par la municipalité. L’idée est d’aller plus loin encore dans l’implication des habitant.es dans la vie de la ville, pour qu’ils-elles en partagent le mode de fonctionnement.

(voir defi-citoyen.blog rubrique projet)

L'opposition positive, Résistances

Rue de la Tuyolle-rue de la Marée

Un projet immobilier 2 en 1

L’enquête publique concernant la requalification du quartier Tuyolle/Marée est en ligne sur le site de la ville de Taverny. Les documents expliquant le projet sont consultables et les habitant.es ont la possibilité d’écrire leur point de vue. L’enquête est ouverte jusqu’au 3 juin 2019.

Défi Citoyen Taverny décrypte le projet

Ce projet nécessite une enquête publique, car il demande une modification du plan local d’Urbanisme.

« Lorsque les dispositions d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU) ne permettent pas la réalisation d’une opération d’intérêt général, elles doivent être revues afin d’être mises en compatibilité avec l’opération. La procédure de mise en compatibilité a pour objet de faire évoluer le contenu du PLU afin que celui‐ci permette la réalisation du projet. »

« Considérant que le projet de mise en compatibilité du PLU vise notamment à : créer un sous-secteur spécifique UAb de la zone UA, répondant aux caractéristiques du projet (les règles de hauteur, de toiture, d’alignement sont notamment adaptées) ; supprimer un espace boisé classé (EBC) à hauteur de 4355 m²; réduire la protection d’une sente sur 15 mètres de long pour permettre la réalisation de la desserte automobile de l’îlot nord-est; »

L’ensemble des documents vise à démontrer l’intérêt général du projet, notamment :

  • « Créer une offre nouvelle de logements, bien intégrée dans le tissu urbain et dans le paysage verdoyant du quartier de Vaucelles dont une offre de logements locatifs sociaux (sur la rue de la Tuyolle),
  • Répondre aux besoins de logements, au regard du PLHI et des objectifs de construction de logements en région Île-de-France,
  • Créer une placette pour la centralité du quartier,
  • Offrir de nouveau locaux commerciaux et de services,
  • Élargir la rue de la Tuyolle pour faciliter les croisements et le stationnement,
  • Éradiquer l’habitat indigne dans l’îlot TUYOLLE-PARIS,
  • Créer une offre de logements locatifs sociaux (sur la rue de la Tuyolle), –
  • Dépolluer des terrains potentiellement pollués, recensés dans la base de données BASIAS en raison d’anciens dépôts de liquides inflammables et de l’ancienne activité de chaudronnerie, traitement et revêtement des matériaux, garages, ateliers, mécanique et soudure. »

Toutes ces intentions sont intéressantes et tous les documents présentés confortent un projet respectueux de la règlementation, de l’environnement (étude d’impact faune et flore), étude de la circulation, construction de stationnement en sous-sol en nombre supérieur à la règlementation, amélioration de la vie de quartier, de la circulation… Le rapport de présentation du projet appelle au respect du « caractère village » de la future construction, en ce sens l’image présentée n’est pas très flatteuse et promet une construction pseudo-rurale, faux colombages sur enduit minéral.

L’opportunité de modification du PLU sur un secteur centre-ville ou un autre, doit toujours alerter sur le potentiel de densification et/ou modification de la règle, qui pourrait s’ouvrir sur d’autres secteurs.

Dans le cas présent, la modification du PLU n’est pas nécessaire à l’opération rue de la Tuyolle qu’il faut distinguer de l’opération rue de la Marée. Si l’aménagement rue de la Tuyolle répond aux critères d’intérêt général tels que décrits, l’opération rue de la Marée reste un projet de promotion immobilière de 72 logements, en accession à la propriété uniquement.  Ce projet n’apporte ni logements sociaux, ni locaux de service ou commerces, ni aménagement urbain. Il supprime un espace boisé classé de 4355m², 15m de sente protégée pour permettre l’entrée des automobiles en sous-sol et une amplification de la hauteur des bâtiments (jusqu’à 14m). Cette opération rue de la Marée demande une modification du PLU pour être autorisée.

Autrement dit, l’enquête publique dont la modification du PLU est l’objet, présente l’intérêt public d’une opération (Tuyolle) pour autoriser une opération immobilière juste à côté (Marée). Deux opérations sont conjuguées en une, pour que l’une dite d’intérêt public permette la modification du PLU pour l’autre d’intérêt privé uniquement.

Sylvie Boulanger

L'opposition positive

Starmania

Nicolas Sarkozy avait bien cité Jean Jaurès. On doit donc bien pouvoir se référer à un pape. En l’occurrence, François, qui lors d’une de ses audiences du mercredi en août 2018, déclarait : « les idoles réduisent en esclavage. Elles promettent le bonheur mais ne le donnent pas », soulignant que l’idolâtrie est une « tendance humaine qui n’épargne ni les croyants, ni les athées ».

Et que nous propose la Mairie de Taverny ? Une sorte de radio-crochet intitulé « Taverny fait sa star », offrant aux jeunes le leurre ou l’espoir de devenir une star.

Il semble donc que la municipalité valide que dans notre société, être (ou croire que l’on est) une star est un gage de réussite et d’épanouissement. Toujours paraître plutôt qu’être. Certes à la télévision, les programmes de télé-réalité et autres radio-crochets sans plus de sens les uns que les autres pullulent. Mais quel intérêt de copier et reproduire ce genre abêtissant pour les jeunes tabernacien.ne.s ?

Si concours il doit y avoir – on peut s’interroger sur l’opportunité de normer les enfants dans un monde de compétition qu’ils subiront déjà suffisamment ultérieurement – pourquoi ne pas imaginer une sorte de concours d’arts et métiers où les jeunes pourraient prouver leur ingéniosité, une sorte de concours Lépine, ou la réalisation d’une initiative citoyenne que la Mairie financerait, pour la meilleure d’entre elle.

Cet espoir de célébrité pousse les jeunes dans une quête du buzz et de la célébrité qui les maintient dans un déni de réalité et un éloignement de certaines valeurs (et oui, c’est nous qui disons ça).

Comment donner envie à un jeune de faire des études ou d’apprendre un métier en le maintenant dans l’illusion qu’il pourra s’en sortir autrement.

En somme Nabila, plutôt qu’ébéniste, boulanger, plombier, infirmier ou avocat ?

SD

L'opposition positive

LaïCITé?

Le concept de la laïcité n’est pas facile à manier. Difficile de ne pas dire n’importe quoi et de ne pas stigmatiser certaines catégories de la population avec ce sujet.

Au cours de la réunion de concertation sur le quartier des Ecouardes qui s’est tenue à Taverny, le lundi 6 mai, Florence Portelli, maire de Taverny et donc de tous.tes les Tabernacien.ne.s ,évoquait ce qu’elle considérait comme un problème avec un commerçant qui ne vendait pas de porc et d’alcool et faisait le lien avec le respect de la laïcité.

Quel rapport ?  On n’oblige pas un marchand de chaussures à vendre de la laine, ni un coiffeur à vendre des médicaments.

Chaque commerçant n’est-il pas libre de vendre ou de ne pas vendre ce qu’il veut dans son commerce du moment qu’il respecte la loi.

Tout ceci n’a rien à voir avec le respect de la laïcité, il s’agit pour Madame la Maire de stigmatiser certaines et certains. L’ancienne prétendante à la chefferie des Républicains avait déjà entamé sa danse du ventre auprès des électeurs dans l’introduction de son Agenda 21, distribué à grands frais dans nos boites aux lettres, censé illustrer le verdissement de la politique de la ville. Elle y évoque « le dérèglement climatique [qui] va avoir (et commence déjà à avoir) des conséquences terribles en matière (…) [d’] immigration de masse qui sera très difficile à intégrer. »

On peut s’interroger sur ce prérequis qui consiste à croire (ou faire croire) que toute immigration est difficile à intégrer. On peut surtout penser, que ceux sont certain.e.s migrant.e.s qui posent problème à la municipalité puisque à côté de çà d’autres communautés sont courtisées. On pense à nos ami.e.s portugais.e.s que la Mairie, dans une manœuvre grossière, incitent à créer une association.

SD

L'opposition positive

La poste de Taverny

A la réunion publique de lundi 18 mars 2019, nous avons appris que l’agence postale du centre-ville était menacée de fermeture. D’après Madame la Maire, la ville « n’a pas de pognon » pour réhabiliter le bâtiment qui s’écroule.

On sait que la politique de la poste est de supprimer partout sur le territoire, le service à la population par les guichets : dématérialisation maximale, service en direct par les boites aux lettres des particuliers. La Poste demande aux communes qui souhaiteraient conserver un service local, de prendre en charge le financement du personnel. Dans les faits, l’agent d’accueil de la commune, remplit aussi le rôle d’agent de la Poste sur un mi-temps. Dans les villes les plus importantes, il ne restera sur le terrain que les grands bureaux centraux, comme l’agence de Taverny rue d’Herblay.

La municipalité se dit attachée à conserver ce service public dans le centre-ville, mais refuse de prendre en charge le poids des salaires à la place de la Poste. On peut le comprendre, mais Madame La Maire défend par ailleurs une politique libérale de réduction de postes de fonctionnaires (candidate aux primaires LR). La municipalité a privatisé des services de la ville. Elle a par exemple supprimé le service de soins à domicile communal (10 aides-soignantes mise au chômage en janvier dernier).

Quant au bâtiment, en bien mauvais état c’est vrai, que deviendra-t-il ? S’il n’est pas réparé pour maintenir l’agence postale, sera-t-il déconstruit ?

Une piste est étudiée, celle d’installer un guichet postal à la gare dans un local inoccupé, pour créer un pôle de service, bien pratique pour les voyageurs. S’il n’y a pas de maintien de personnel par la Poste, et aucun pris en charge par la ville, il ne s’agira que d’un guichet automatisé qui ne rendra pas le même service, à l’instar du distributeur de pains qui pallie la fermeture de la boulangerie aux Sarments.

C’est toute une incohérence des choix politiques municipaux qui est mis à jour. Le discours est victimaire : la baisse des dotations (certes une réalité), le chaos hérité des mandats précédents (il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet), la versatilité des habitant.es qui ne comprennent rien… 

Pourtant, une autre politique de la ville est possible avec une autre vision du bien commun, d’autres priorités, une histoire de choix qu’il nous importe de mettre en évidence.

SB

L'opposition positive

12 millions d’euros

L’équipe municipale fustige l’ancienne mandature sur bien des sujets, dont celui de l’entretien des écoles, mais c’est mal connaître ce problème conjoncturel récurrent, auquel se confrontent les municipalités en général.

Dans la plupart des communes, le problème d’investissement pour la maintenance des établissements scolaires, est devenu un véritable serpent de mer (et non le serpent de maire). Habituellement très peu de maires font du bruit autour de l’état des établissements scolaires de leur commune. Ils ne font qu’assumer une réalité conjoncturelle à laquelle ils ne peuvent faire face financièrement, sans risquer de mettre en péril l’équilibre du budget municipal.

Il apparait alors assez facile de critiquer ses prédécesseurs sur un manquement dans l’entretien des bâtiments scolaires en criant haut et fort que la remise à niveau couterait à la ville de Taverny 12 millions d’euros. En déclarant avoir découvert un énorme problème, l’équipe municipale montre qu’elle connait mal le contexte de l’état général des établissement scolaires en France. Si nous venions à demander à cette équipe, ce qu’elle a engagé pendant sa mandature sur ce sujet, la réponse serait certainement accablante avec un bel effet boomerang.

Un plan pluriannuel d’investissement est nécessaire pour engager une planification des travaux par ordre de priorité pour supporter la dépense budgétaire. Comme dans de nombreuses villes, à Taverny, dans la décennie 80, plusieurs bâtiments scolaires ont été construits à la hâte, à moindre coût, pour répondre aux besoins. Ces bâtiments ne répondent plus aux normes d’accessibilité des personnes handicapés, de sécurité incendie et sont des passoires thermiques.

La décentralisation a permis à l’état de se désengager d’une part importante d’investissements, avec une rupture de l’équilibre, car depuis quelques années l’état réduit les dotations budgétaires aux municipalités.

PC

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Depuis les années 1980, l’État a engagé une opération de décentralisation en transférant certaines de ses compétences et leurs poids sur les collectivités territoriales. La commune, le département et la région participent au fonctionnement de l’éducation nationale.

https://www.education.gouv.fr/cid199/les-collectivites-territoriales.html?menu=3

La répartition des compétences entre les collectivités territoriales et l’État

Quelques facteurs aggravants les situations

  • L’économie des surfaces réservées à l’enseignement lors de la construction de nouveaux locaux.
  • Le surpeuplement des classes lié à la politique d’augmentation des effectifs dans la dernière période.
  • La disparition de personnels de surveillance (concierges)
  • L’insuffisance des budgets d’entretien.
  • L’architecture scolaire

Historiquement l’école a subi différentes appréhensions

  • 1870 (IIIème République) – 1940 : L’émergence d’une architecture scolaire
  • 1871 : Diffusion aux préfets de plans de construction d’écoles et de mairies
  • jusqu’au XIXème siècle, il n’y a quasiment pas de constructions spécifiquement scolaires en France.
  • 1945 – 1970 La Période de l’après-guerre apparaissent des constructions dites « provisoires »
  • 1970 – 2000… La période actuelle… Constructions standardisées. Avec la loi de décentralisation de 1983, les responsabilités en matière de construction et d’entretien des établissements scolaires primaires sont des compétences supplémentaires pour les municipalités. Les lois de décentralisation ont conduit à des disparités effarantes entre les établissements, en fonction des crédits alloués ou non, au gré des différents intérêts des collectivités. L’état des bâtiments scolaires varie d’une commune à l’autre, d’un établissement à l’autre.

La restriction par l’Etat des dotations budgétaires distribuées aux municipalités et conjuguée à l’impossibilité pour les collectivités d’augmenter d’autant les impôts locaux par dogmatisme par rapport à crise économique sans fin, empêchent l’investissement suffisant pour l’entretien et/ou de nouvelles constructions.

Que dit la réglementation ?

Le maire et ses services techniques ont en charge l’entretien et la maintenance du bâtiment et de ses équipements, ainsi que le matériel et mobiliers scolaires mis à disposition des enseignants et des élèves.

Le directeur d’école a la responsabilité de la bonne mise en œuvre des dispositions réglementaires concernant, notamment, la sécurité incendie. Il en réfère au Maire pour les dysfonctionnements concernant l’entretien et la maintenance des locaux. Décret n°89-122 du 24 février 1989 – art. 2 : « le directeur d’école veille au bon fonctionnement de l’école et au respect de la réglementation qui lui est applicable. Il gère le personnel et représente l’institution auprès de la commune et des autres collectivités territoriales. » Circulaire n°91-124 du 06 juin 1991 modifiée par les circulaires n°92-216 du 20 juillet 1992 – art. 4-1 :

« L’ensemble des locaux scolaires est confié au directeur, responsable de la sécurité des personnes et des biens ».

Commentaires : ces textes confient aux directeurs une partie de la « sécurité des personnes et des biens » au sens du fonctionnement quotidien normal. Cependant un directeur ne pourra pas maîtriser certaines connaissances techniques qui lui permettraient d’appréhender un quelconque problème dans son établissement. Son rôle sera de signaler et transmettre à la municipalité et à l’Inspection Académique toute anomalie qu’il aura constatée.

Agenda, L'opposition positive

La part du colibri

C’est le titre d’un beau livre de Pierre Rabbi et aussi la jolie histoire qu’a rappelé Monsieur Jean Christophe Poulet lors du grand débat national organisé à Bessancourt et Taverny les 12 et 13 février dernier. En effet chacun.e peut amener sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie.

https://colibris-lemouvement.org/mouvement/legende-colibri

Au quotidien

Je réduis ma consommation d’eau potable

Je mange moins de viande

Je ne mange que des légumes et fruits de saison

Je m’habille dans les recycleries

Je réduis mes déchets (sacs, plus de vaisselles jetables, mois d’emballage), bien sûr je les trie.

Je prends les transports en commun plutôt que la voiture quand je peux, je prends le vélo quand j’ai le temps et le courage.

Je cherche à rénover mon habitat, si j’en ai les moyens et si je suis propriétaire.

Je change mon mode de vie, petit à petit, vers une décroissance choisie.

https://positivr.fr/boycott-consommation-greve-climatique/?utm_source=actus_lilo

Mais je suis un colibri qui a un travail, un niveau de vie correct, je ne suis pas en mode survie.

Des milliers de colibris citoyens engagés individuellement, il le faut, mais ils ne suffiront pas à éteindre le grand incendie.

Il nous manque un facteur commun pour engager de vrais changements, celui de la lutte collective pour porter la pression sur les décideurs politiques, celui qui permet d’infléchir les grandes entreprises.

Sinon comment réduire réellement le gâchis d’énergie, le gâchis alimentaire, rénover l’habitat à grande échelle, revoir la production agricole et mille et un autres sujets sur lesquels nous prenons conscience peu à peu de la nécessité d’agir.

SB

https://www.bastamag.net/

Mobilisons au quotidien et rejoignons les initiatives engagées, le nombre fera la force. Rendez-vous samedi 16 mars 2019

https://laffairedusiecle.net/

Colibri tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi:

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « 

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

L'opposition positive

Le pôle médical de Taverny

Comme en certaines choses, deux visions s’opposent dans la manière d’envisager l’offre de soins proposée aux Tabernacien.nes par la mairie.

L’actuelle majorité municipale a opté pour une médecine privée en offrant à des médecins pratiquant une activité libérale, un pôle médical flambant neuf qui coûtera la bagatelle de 2,326 millions d’euros hors taxes[1], soit près de 2,8 millions toutes taxes comprises. Pour toute contrepartie, chaque praticien devra s’acquitter d’un loyer mensuel compris entre 500 et 600 euros (hors charges) 1. Vu le prix d’une consultation chez un généraliste (23 euros pour ceux ne pratiquant pas de dépassement d’honoraires) ou un spécialiste fût-il de secteur I, l’opération sera vite rentable.

Ce pôle médical a déjà fait débat au point que 10 praticiens libéraux, transfuges pour la plupart du pôle de santé de Beauchamp, se sont vu offrir par la mairie une tribune dans la publication municipale Taverny Mag 2. Comme pour se justifier !

Sans mettre en question leurs compétences, leur implication et leur dévouement pour leurs patients, il est cependant intéressant de constater que 7 des 10 médecins signataires de cette tribune pratiquent un dépassement d’honoraires, si l’on en croit le site doctolib sur lequel ils sont référencés.  Ils évoquent dans leur tribune « les charges pour le fonctionnement et l’entretien du bâtiment, ainsi que les salaires du secrétariat médical ». On ne conteste pas ce coût mais il faut le mettre en regard du chiffre d’affaires généré par les consultations et de la mutualisation des charges entre les occupants du pôle médical.

On peut par ailleurs s’interroger sur la composition de ce pôle de santé puisqu’on n’y compte pas moins de quatre dermatologues. Notons que les quatre dermatologues qui ont signé la tribune sont en secteur II…

Par contre dans ce pôle de santé : ni cardiologue, pneumologue, neurologue, endocrinologue, ophtalmologue, psychiatre ou dentiste.

Une autre manière de voir les choses consisterait à envisager la création d’un centre de santé municipal où les médecins seraient salari.é.es et donc payé.es à la vacation et non pas à l’acte. Cette solution permettrait d’éviter les dépassements d’honoraires qui peuvent occasionner un reste à charge pour les usagers et causer souvent un renoncement aux soins. Par ailleurs, ce centre de santé municipal aurait  vocation à organiser des actions de prévention et de promotion de la santé.

Dans leur tribune, nos futur.e.s praticien.ne.s affirment « que la médecine salariée ne peut apporter de réponse tangible à la pénurie médicale actuelle et que les structures de dispensaires municipaux alentours induisent à la communauté un coût considérable sur des plages limitées et des plateaux techniques souvent réduits. » En réponse à cette assertion, on peut se demander en quoi la médecine libérale apporte une meilleure réponse à la pénurie de médecins et les 2,8 millions d’euros que coûte la construction du pôle ne représentent-ils pas un coût considérable pour la communauté ? En outre, si la médecine salariée était si peu encline à résoudre les problèmes de déserts médicaux, alors pourquoi notre communauté d’agglomération aurait-elle décidé de mettre en place un dispositif de bourse d’études aux étudiant.e.s en médecine pendant la durée de leur internat en contrepartie d’une activité libérale ou … salariée pendant trois ans sur le territoire de l’agglo « tout en pratiquant leur activité aux tarifs conventionnés de secteur I ».3

Qu’est-ce que les Tabernacien.nes auraient à gagner avec un tel centre de santé municipal ? A priori, les tarifs y sont moins élevés, car c’est la mission des centres de santé : permettre l’accès aux soins au plus grand nombre et prioritairement aux personnes qui vivent dans la précarité. Il est inscrit dans la loi qu’un centre de santé doit pratiquer des tarifs de secteur I (c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires) ainsi que le tiers-payant.

Dans les environs, des villes comme Argenteuil, Colombes, Bezons, Sannois, Franconville, Goussainville, Sartrouville disposent d’un centre de santé (parmi les quelques 1900 centres de santé existant en France), alors pourquoi pas Taverny ?

SD

[1] leparisien.fr du 11 octobre 2016

2 Page 8 du N°21

3 Le mag de l’agglo du Val Parisis N°6 page 17

 
Secteur 1/ secteur 2 ?
Un médecin de secteur 1 conventionné calque ses honoraires de
consultation sur les tarifs de remboursement définis par la Sécurité
sociale. La base de remboursement de la consultation par la sécurité
sociale est la même en secteur 1 et en secteur 2.
Une personne affiliée à la CMU consultant un médecin du secteur 1
bénéficie d’un remboursement à 100 %. Les mutuelles complètent le plus
souvent le reste à charge lié à la consultation de secteur I puisque la
sécurité sociale prend en charge 70% du prix de la consultation.
Les médecins de secteur 2 définissent librement leurs honoraires, qu’ils
soient généralistes ou spécialistes et peuvent donc pratiquer des tarifs
supérieurs à ceux établis par la Sécurité sociale. Vous devrez alors
vous acquitter d’un dépassement d’honoraires. Il arrive que les
mutuelles ne prennent pas en charge la totalité de ce dépassement
d'honoraires.
L'opposition positive

Rond point Auchan

« La création d’une seconde sortie au centre commercial des“Portes de Taverny” (Auchan) avait pour la première fois été évoquée avant les élections municipales de 2008. Le premier projet, qui prévoyait de créer une route traversant le bois d’Aguère (la “route d’Auchan”) et passant près d’une zone résidentielle, à Saint-Leu, était contesté. Arrivé aux responsabilités en mars 2008, le nouveau maire de Saint-Leu, Sébastien Meurant (Lr) s’y opposa. L’idée fut abandonnée. Plus question de passer à travers le bois d’Aguère. »  (la Gazette – publié le 5 novembre 2015).

Des études ont été relancées en 2009 pour proposer un autre scenario. En janvier 2010, une convention avec l’Etat et le département du Val d’Oise est approuvée par délibération du conseil municipal de Taverny pour financer les études de circulation du secteur en délimitant un périmètre.

« Plusieurs scenarii ont été étudiés, afin de mesurer les impacts éventuels de différents projets auxquels ont été associés les services de l’État. Au final, la solution retenue prévoit le réaménagement du giratoire A115/Rd 407 en double-giratoire (…) Ce projet mordra quand même sur la nature. Il faudra défricher 600 m2 du bois des Aulnaies, propriété de l’Agence des espaces verts. Un espace classé où le défrichement est interdit.

(la Gazette – Publié le 5 novembre 2015).

Par délibération du 23 juin 2016, le conseil municipal de la ville de Taverny décide d’une co-maitrise d’ouvrage avec le département du Val d’Oise, pour encore un autre projet dont les travaux sont prévus en 2018, et qui nécessitent une « mise en compatibilité » du Plan Local d’Urbanisme (et non « une mise en comptabilité » TAVERNY MAGAZINE n°22 – octobre 2018). Les travaux qui consistent « à créer un nouveau rond-point sur la Rd 407 et à modifier l’actuelle bretelle de sortie de l’A115 (Taverny-centre) seront terminées en 2020, selon Florence Portelli. Le Conseil départemental devra procéder à un défrichement de 1 200 m2 dans une partie du Domaine de Boissy, classé en espace naturel régional sensible. (la Gazette – Publié le 10 octobre 2018).  

« Les vingt-cinq ans d’inertie » de ce projet (TAVERNY MAGAZINE n°22 octobre 2018) ont certainement un sens, celui de la difficulté de trouver une solution satisfaisante.

Le montant des travaux est estimé à 3,12 millions. La convention de financement a été répartie comme telle : 60% porté par la copropriété du Centre commercial, 40% par l’argent public : département et commune à parts égales, soit 1 248 000€. Le consommateur paie deux fois.

Un aménagement routier au service de la grande distribution subventionné par l’argent public défriche 1200m² d’un espace naturel sensible protégé depuis 2007 (terrains acquis par la région Ile de France pour la protection de la ceinture verte en périphérie de Paris). 

Taverny bénéficie d’une entrée de ville remarquable bordée par des espaces boisés avec en fond la forêt de Montmorency. Le centre commercial « Les portes de Taverny » se fait discret en contrebas des talus plantés. Ce n’est pas sublime, mais bien supérieur à toutes ces entrées de villes moyennes françaises traversant des zones commerciales insipides, agressives d’enseignes publicitaires. C’est la particularité de la ville de Taverny, en comparaison avec les villes voisines, et qui annonce une forme de bien vivre naturellement disponible.

En quoi ce projet est-il « un projet d’intérêt général » ? (comme appuyé dans le TAVERNY MAGAZINE n°22 – octobre 2018)

Pourquoi, alors, favoriser la circulation automobile en entrée de ville au détriment du paysage, et au service de la grande distribution, tout en portant soi-disant l’idée de la défense du commerce local et une attention particulière à « l’embellissement du centre-ville » ?

Ce projet montre une vision rétrograde et pas du tout écolo de l’aménagement du territoire, en favorisant ce qui est déjà dénoncé comme une impasse dans tout le pays : la désertification des centres-villes moyens au profit des zones commerciales périphériques, l’imperméabilisation des sols, la suppression de zones naturelles et protégées.

Ce n’est qu’un tout petit rond-point (à 3,12 millions d’euros) qui semble essentiel et utile de façon unanimement reconnu. Et pourtant, c’est aussi un symbole, « celui d’un système qui aménage et homogénéise les espaces pour accélérer et fluidifier les flux marchands » (Mathieu Rivat).

SB