L'opposition positive, Projet

Programme du collectif Changeons d’ère à Taverny avec Thomas Cottinet pour les élections municipales 15 et 22 mars 2020

Taverny, ville en transition

Ecologie, des initiatives locales pour parer un problème global

Qu’est-ce que l’écologie, sinon réorganiser les modes de faire, de produire, d’échanger et de vivre ensemble sans piller au-delà du possible, les ressources de la planète et sans déséquilibrer l’environnement ? Qu’est-ce, sinon retrouver les liens avec le vivant en endiguant le processus de destruction engendrée par la société thermo-industrielle? (Qui se définit comme celle dont le système repose sur l’exploitation des énergies fossiles). 

Depuis la fin du XXème siècle, des idées de solutions alternatives germent et se concrétisent dans le monde. Grâce à la détermination d’anonymes, des initiatives locales ont vu le jour pour améliorer le sort d’hommes et femmes en situation de survie, soumis aux aléas du climat ou à la dépossession de leurs ressources.

Même si les situations sont « inéquitablement » dramatiques, la prise de conscience nous concerne au pas de la porte, étant spectateurs et spectatrices du dérèglement climatique et déjà, ou pas encore, victimes de la dégradation des conditions de vie quotidienne. (Dans certains pays, c’est l’eau la substance de la vie qui est une ressource épuisée).

Si la conviction qu’il faut agir pour lutter contre la destruction de la planète, incite déjà un grand nombre d’humains à modifier comportements et modes de vie, ces petits gestes, pourtant nécessaires et à poursuivre absolument ne suffisent pas sans l’organisation collective. C’est par le principe simple de relocalisation de la production et de la distribution des biens mis en partage, que la lutte contre la mondialisation destructrice de l’environnement fait son chemin, en y ré-associant la mise en commun des pouvoirs de décisions.

Relocaliser la production, la distribution et les pouvoirs de décisions

A l’échelle des villes, des plans cohérents et concrets sont mis en œuvre, y compris dans les grandes agglomérations et capitales mondiales, avec l’objectif d’atteindre l’autonomie sur deux points essentiels : autonomie alimentaire et autonomie en énergie. https://www.metropolitiques.eu/Les-villes-en-transition-l.html – https://www.mairie-ungersheim.fr/village-en-transition/

Ces « villes en transition » investissent finalement peu de leurs budgets relativement aux bienfaits retrouvés pour l’ensemble des habitants, tout en contribuant à la lutte écologique globale. Rechercher l’autonomie des villes permet de localiser et réduire l’une des sources les plus importantes de pollution à travers le monde que sont les transports des matières premières, des productions industrielles et agricoles, des déchets et des personnes.

Tendre vers l’autonomie alimentaire n’est pas si complexe. C’est produire sur place et distribuer pour que le prix de l’alimentation locale et bio devienne inférieur au prix de l’alimentation vendue par l’agro-industrie mondialisée.

  • Collaborer avec les maraichers, inciter, jusqu’à acheter des terres agricoles pour aider à l’installation ou louer à prix modique. Replanter des vergers. (https://terredeliens.org/)
  • Organiser dans tous les espaces verts de la ville des jardins partagés, inciter à planter les balcons, terrasses, toits, bacs, palisser les murs.

(Les jardins solidaires sont nés en Australie en 2006. En transformant de façon ultra-rapide une pelouse, une cour, un trottoir en potager cultivé en permaculture, on va bien au-delà de la recherche d’une alimentation saine, on crée un nouvel art de vivre d’échanges, de liens et de respect des lieux). A Taverny, on peut aussi envisager en plus de tous les espaces déjà inventoriés, redynamiser la vie des sentes en y mêlant jardins palissés, bacs et expressions artistiques comme dans les ruelles de Montréal.)

Distribution

  • des Amap : production financée et gestion citoyenne. Les producteurs s’en sortent en vendant à des prix corrects, tandis que les consommateurs en liens directs ne dépensent pas plus et anticipent les coûts d’exploitation des producteurs.
  • des groupements régionaux de proximités (en travaillant avec les producteurs, les épiceries, les boulangers, les restaurants, les consommateurs…c’est là que l’introduction de la monnaie locale est un atout très fort… (http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/ et https://defi-citoyen.blog/84-2/monnaie-locale/)
  • des coopératives d’achat en gros d’épicerie (bio) (prix plus intéressant et moins de déchets d’emballage) (voir les réseaux GASE qui existent déjà http://gase.parlenet.org/)
  • des magasins participatifs (temps de travail partagé, prix plus doux contre temps de travail, pas de bénéfices envisagés).
  • Distribution pour la restauration collective (avec en parallèle la lutte contre le gaspillage.)

L’agriculture urbaine dépasse le seul enjeu de l’approvisionnement : elle instille un réflexe citoyen qui annule la pauvreté, rétablit la convivialité dans les quartiers, entretient la biodiversité et émancipe les citoyens des circuits économiques. Elle rétablit « les communs » qui étaient les terrains communaux mis à disposition des habitant.es en Angleterre pendant des siècles.

L’organisation de la production et de la distribution alimentaire locale se double d’espaces conviviaux : un café, des ateliers cuisine, des petites cantines participatives et d’animations culturelles. (A Berlin, les surplus alimentaires des jardins partagés ont donné lieu à l’organisation de « disco-soup »)

Commerce relocalisé, économie collaborative, amélioration du pouvoir d’achat

Cette organisation de la distribution des denrées alimentaires, peut s’étendre à la distribution d’autres produits et organiser un cercle vertueux de recyclage/réparation/ apprentissage en ateliers. Là encore pléthores d’initiatives s’organisent dans le monde, tandis que parallèlement un sauvetage des commerces locaux est pris en charge par des collectifs citoyens, par la création de coopératives (par exemple une librairie sauvée par les habitant-es). https://www.macommune.info/poligny-une-librairie-reprise-par-des-clients/ http://www.cigales.asso.fr/

Le partage des objets de la vie quotidienne, des services et des savoirs sous forme de « banque de temps » (voir aussi les SEL), permet de soustraire les citoyen.nes à l’économie mondiale, et en plus, en s’appuyant sur une monnaie locale non spéculative. (L’explication des atouts de la monnaie locale demande un article en soi). Prodiguer des soins par exemple, à des personnes qui ne pourraient pas se permettre de les payer, au travers du partage des services est un pas vers le bien vivre. Ces échanges jouent un grand rôle social.

En quoi cette organisation de l’économie dite solidaire participerait de l’écologie ? Elle mutualise et réduit la consommation, réduit les transports et participe au partage des richesses.

On peut également associer à ce fonctionnement, tout le volet de réduction des déchets : réduction des emballages et recycleries

Autonomie énergétique plus compliquée mais possible

L’autonomie énergétique de la ville est accessible sous réserve de quelques investissements (subventionnés correctement par l’Europe). Comme pour l’autonomie alimentaire, l’organisation de la production et de la distribution vont de pair pour tendre vers l’objectif de relocalisation. On peut y ajouter la réduction des déperditions propres à la production d’énergie fossile et nucléaire, ainsi que le transport de l’électricité.

https://www.negawatt.org/Scenario-negaWatt-2017-2050

Production

La réduction des déperditions énergétiques est déjà dans la production et la relocalisation : la production de l’électricité par les énergies renouvelables dépense moins d’énergie que la production thermo-industrielle (fossile et nucléaire).

Electricité pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire des foyers et des bâtiments communaux

La production d’électricité se base sur un mixte d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, méthanisation des déchets, géothermie, etc…selon les opportunités offertes par l’environnement localement). L’investissement peut être important mais toujours rentabilisé assez rapidement, puisque la source d’énergie est gratuite au contraire des énergies fossiles et nucléaire. Le montant de la facture des habitant.es est forcément à la baisse, et de plus en plus sur le long terme.

La recherche de l’autonomie en production d’électricité peut être un sujet porté par la communauté d’agglomération.

Dans certaines villes de France, des habitant.es se sont organisés pour produire de l’électricité à partir de sources renouvelables. De leur propre initiative au départ, ils se sont vus accompagnés par les communes ou les communautés d’agglomération, mais tout en gardant la gestion citoyenne de leur projet. L’investissement a également été soutenu par le fonds d’investissement solidaire du réseau Energie partagée, qui accompagne aussi techniquement les groupes d’habitants qui souhaitent changer de sources d’énergie.

Exemples : energie-partagee.org, enr-citoyennes.fr, http://www.centralesvillageoises.fr/, voir des dizaines d’exemples en France sur le net.

Distribution

Le transport de l’électricité sur un réseau sur de longues distances est une cause de grande perte d’énergie. Produire localement permet d’économiser énormément d’énergie en la gaspillant moins.

A Loos-en-Gohelle (dans le Nord), la municipalité a construit et atteint son autonomie énergétique avec la participation des habitant.es, en installant une centrale photovoltaïque au pied des terrils, des panneaux photovoltaïques sur les toits et un parc de six éoliennes).

Réduction des déperditions d’énergie (Chapitre en construction)

Eco-quartier

Redéfinir ce qu’est un éco-quartier (Chapitre en construction)

Projet

Permaculture en Normandie

C’est l’une des références de l’agriculture durable en France.

Brut nature FR vous emmène faire la visite de la ferme avant-gardiste du Bec-Hellouin en Normandie.

Projet

ÉBAUCHE DE PROJET DE MAISON DE QUARTIER, MAISON SOLIDAIRE, MAISON DES ASSOCIATIONS, MAISONS DES HABITANT.ES.

  1. Définir le nombre de maisons à créer en fonction des quartiers, en fonction des locaux disponibles dont la mairie est propriétaire.

Par exemple pour le quartier centre, il y a une maison vide appropriée appartenant à la mairie, rue de Paris, place de Vaucelles.

Il est possible aussi de louer des rez-de-chaussée d’immeubles aux bailleurs sociaux à très bas prix. (Nous avons rencontré une personne chez Efidis (bailleur) dont le job est d’accompagner les initiatives des associations d’habitants). Pour que le projet soit concret, repérer d’ores et déjà, des lieux appropriés dans la ville.

  • Etudier l’offre d’activités du lieu à disposition des habitant.es
  • Accueillir les associations
  • Accueillir les comités de quartier
  • Accueillir des permanences de services publics : mairie, CAF, sécu etc…

La Caf finance le fonctionnement de maison de quartier, étudier sous quelles conditions, à partir de combien d’habitants, etc…enquête à mener.

  • Accueillir une épicerie sociale
  • Accueillir une bibliothèque de récupération (avec des livres et médias donnés)
  • Organiser des petits évènements conviviaux.
  • Définir la superficie et l’aménagement : expression des besoins
  • Des salles de réunions
  • Des petits bureaux d’accueil et administratifs
  • Un lieu convivial avec un petit office.

Etablir un programme d’aménagement en fonction du site, selon son ampleur, voir la capacité d’accueil de toutes les activités citées ci-dessus.

Pour info, les programmes d’investissements des villes peuvent être financés par des prêts de la Caisse des dépôts à taux 0.

  • Définir le mode de fonctionnement, l’organisation de la maison.

En l’absence de la possibilité de dédier le personnel communal, confier la gestion de la maison à une association par contrat pour un an et faire tourner pour éviter hégémonie, sectarisme, ou manque de sérieux et tout ce qui fait dériver un projet. Etablir une convention et maintenir un contrôle par un élu référent et un membre du personnel communal par exemple.

Projet

Jardin partagé

Ce samedi 25 mai, nous avons planté notre premier jardin potager à partager dans un espace vert libre, quartier des Sarments. A la manière des Incroyables Comestibles, nous invitons les habitant.es de Taverny à multiplier l’initiative. Un grand merci à tous les amis et ami.es, les voisins et voisin.es d’avoir partagé ce moment de grande convivialité.

Ce petit carré potager est une première. Il a été préparé sur le principe de la permaculture pour le rendre le plus autonome possible : terre, compost, paillage. Il s’auto-suffit en eau, mais les habitant.es sont encouragé.es à arroser un petit peu de temps en temps. On y trouve tomates, potirons, cornichons, blettes, mélisse, menthe,bourrache, persil, laurier, calendula, etc…

Ce petit geste écologique rappelle qu’il ne suffit pas de déclarer des intentions sur du papier glacé pour repeindre la ville en vert, mais que nous pouvons œuvrer collectivement pour améliorer le bien vivre à Taverny, et envisager une autre façon de partager le bien commun dans la joie et la bonne humeur.
http://www.leparisien.fr/…/taverny-defi-citoyen-plante-son-…

http://lesincroyablescomestibles.fr/causes/les-incroyables-sont-partout/. Nous pourrons nous référencer sur ce site.

Monnaie locale, Projet

Avoir la Pêche

la peche monnaie locale

Penser global, agir local

Une monnaie locale complémentaire vise à stimuler l’économie sociale et solidaire

Rencontre du dimanche 13 janvier 2019 à Montreuil avec Brigitte Abel la vice présidente, Eric, un commerçant membre du bureau… Marc, Bakari et bien d’autres autour d’un petit déjeuner, dans un local prêté par la ville près du cinéma Méliès et leurs réponses à mes premières questions.

Constat : Partout où elles existent en France et dans le monde, les monnaies locales aident au développement de l’économie locale, génèrent de la richesse et de l’emploi par la circulation d’une monnaie qui ne peut pas partir dans les paradis fiscaux.

Partant du fait que la monnaie locale de Montreuil, LA PECHE, a vocation à s’étendre sur toute l’île de France, pourquoi irions nous inventer une autre monnaie ? Déjà présente dans le 93, 94 et commence à Paris. Nous pourrions facilement et avantageusement l’introduire dans le 95, à Taverny, à Pierrelaye…Il faudra créer une asso spécifique. Pas forcément de suite. Eux ils sont contents de trouver un écho dans le 95. Et en plus, il n’est pas indispensable que la ville soit d’accord !

On peut se rattacher à la Pêche de Montreuil ou à la Monnaie pour Paris, asso qui utilise les Pêches à Paris. Déjà des habitants de Cergy ou Pontoise sont allés les voir. Sans suite. On pourrait essayer de les contacter. Le grand avantage c’est que les billets existent, il suffit d’adhérer et d’acheter des Pêches, monnaie hautement sécurisée, dans les comptoirs d’échanges. Tout le travail juridique en amont est près à être utilisé. Et ils sont heureux de s’introduire dans le 95 !

Discussion : Comment intéresser les commerçants ?

C’est une sorte de LABEL pour eux. Ils auront plus de clientèle et en général différente. Il faut faire découvrir cette monnaie aux commerçants. Ils connaissent les tickets restaurants. Pour la compta c’est simple, un euro = une pêche. Il faut développer auprès d’eux, les 4 valeurs défendues par la pêche, 4 BONNES RAISONS D’AVOIR LA PÊCHE :

  • Encourager l’économie réelle et locale .(économie circulaire
  • Valoriser les circuits éthiques et solidaires (agriculture paysanne, vente directe, liens
  • Réduire notre empreinte écologique (circuits courts : moins de transport, réparations
  • Combattre les paradis fiscaux et la spéculation

On peut chercher une épicerie (bio), le libraire, le bar à bières et des services (coiffeur, plombier, garagiste…) pour rendre l’échange circulaire. Le libraire fait réparer sa voiture …l’épicier va chez le coiffeur…

Pour les commerçants çà rompt l’isolement (d’après Eric, bar à bières et fromages, qui propose des fromages suspendus et un banquet solidaire…) çà les valorise et amène de nouveaux clients par le bouche à oreille. A terme il faudrait que leurs fournisseurs prennent les PECHES ainsi que les fournisseurs des fournisseurs. J’ai le vertige…

La liste des lieux qui prennent la pêche paraît un peu bobo mais faut bien commencer…

Comment on commence ?

Le mieux est de rassembler des commerçant-e-s intéressé-e-s, des habitant-e-s et de faire une réunion autour d’un film comme DEMAIN ou un autre. Eux se proposent de venir l’animer pour présenter les avantages de la monnaie locale et montrer tous les documents qui existent. Ils veulent bien faire une réunion spécifique pour nous dès qu’on veut.

Comment çà marche ?

On adhère et on achète des pêches, 1 pêche = 1 euro. On choisit une asso (la Pêche, Terre de liens…) qui recevra 3% de l’argent échangé par ces parrains. L’argent en EUROS est déposé à la NEF, banque éthique qui prête à des projets éthiques, double effet.

On peut aussi suspendre 5 pêches qui seront offertes à quelqu’un.

L’asso songe aussi à une carte numérique rechargeable en pêches.

Le commerçant aussi doit adhérer et lui peut ré-échanger ses pêches en euros, s’il le veut mais il perd 3%. Pour lui c’est comme la carte bleue ou le chèque restaurant ou quand il fait une pub. Mais c’est mieux, car il peut ne rien perdre s’il va dépenser ses pêches chez les autres commerçants. Il peut payer ces employés, fournisseurs en partie en pêches. Tout est légal. Première ville : Bayonne paye ces employés en partie en Eusko.

Pour l’adhésion des commerçants je n’ai pas eu le temps d’avoir plus d’infos.

Pour s’informer :

Films :

  • Qui sauve qui ? en 2014, sur le sauvetage des banques…
  • Demain , en 2015 en intégral sur Ytube

J’ai reçu un accueil très chaleureux et ils étaient aux petits soins. C’était top !

Catherine Sébag

P.S / Petite annonce : la PECHE cherche un Service Civique d’urgence, une personne qui pourrait nous aider d’ailleurs !

Monnaie locale, Projet

Petite histoire

Histoire d’hôtel à méditer :

Un voyageur entre dans un hôtel et demande une chambre. Il laisse 100 € sur le comptoir et monte avec la clef.

L’hôtelier les donne aussitôt au plombier qui vient de finir de réparer une petite fuite.

Le plombier est content, il passe acheter de la viande pour midi et annule son ardoise en donnant ces 100 € au boucher qui lui avait fait crédit.

Le boucher se souvient qu’il doit cette somme de 100 € à l’hôtelier qui avait logé ses beaux-parents, le week-end dernier. Il va payer l’hôtelier avec ce même billet.

Mais, le voyageur redescend, il ne prend pas la chambre, une urgence à régler. Il récupère son billet sur le comptoir et part.

Tout le monde a été remboursé. Personne n’a rien dépensé. Quel est ce mystère ?

CS

Projet

Budget participatif

Histoire

C’est à Porte Alegre, 10e plus grande ville du Brésil en nombre d’habitants (1,4 millions au recensement de 2007) qu’est né le concept de budget participatif. Pour la petite histoire, c’est aussi dans cette ville, décidément à la pointe des combats, que s’est tenu le premier Forum Mondial Social en 2001.

En 1988, Olivio Dutra issu des rangs du Parti des Travailleurs (PT), le parti du président Lula qui a tant fait pour l’éradication de la pauvreté au Brésil, est élu maire de Porto Alegre. Son parti étant minoritaire au conseil municipal, il confie le choix des priorités d’investissements de la ville aux catégories politiquement sous-représentées. C’est ainsi qu’est adopté en 1990 un budget participatif dans une ville où la majorité de la population est issue des classes populaires. Ce mode de fonctionnement permet d’utiliser les décisions issues du processus comme contre-pouvoir au conseil municipal. Le budget participatif de Porto Alegre permet la diffusion de l’idée de justice sociale avec une redistribution, où les quartiers les plus pauvres sont prioritaires dans l’accès à l’investissement.

Définition

Le budget participatif est un processus de démocratie participative dans lequel des citoyens peuvent affecter une partie du budget de leur ville, généralement à des projets d’investissement.

Selon Yves Sintomer, membre de l’Institut universitaire de France, professeur de science politique à Paris 8 et spécialiste de la question : « ce dispositif permet à des citoyens, non élus, d’être associés à la définition des finances publiques. Si c’est bien fait, c’est un outil extrêmement puissant. Pour être efficace, il faut que cet instrument soit engagé à une certaine échelle : arrondissement, ville, ou région. De plus, il doit s’accompagner de discussions explicites sur les questions financières, organisées dans des espaces de délibérations publics, afin que l’ensemble de la société soit active dans le processus. »

A Grenoble, ville phare de ce mode de fonctionnement municipal, le budget participatif 2018 s’est fait en quatre temps :

  1. Appel à idées en ligne ou en se rendant à la Maison des Habitants la plus proche (ce qui nous permet au passage d’évoquer notre idée de relance des Maisons de Quartier à Taverny, ce qui fera l’objet d’un article ultérieur).
  2. Présélection des idées lors d’un Forum des Idées à l’Hôtel de Ville.
  3. Choix des projets retenus dans la présélection.
  4. Réalisation des projets en fin d’année.

FAQ

Que représente le budget dans l’ensemble du budget de la ville ?

Souvent les budgets participatifs représentent autour de 5% du budget d’investissement de la collectivité.

Quel intérêt ?

Les budgets participatifs ont aussi été créés pour faire participer les citoyens qui n’avaient pas la parole, parce qu’ils n’étaient jamais écoutés ou se sentaient incapables d’exprimer leurs priorités. En ouvrant la participation à tous les citoyens, ils donnent la capacité de réorienter des ressources publiques.

Tout le monde peut participer ?

Tous les habitants d’une commune – qui propose un budget participatif, Français ou non, majeurs ou non (dès 14 ans par exemple) peuvent participer, proposer leurs idées et voter.

Cela peut-il changer la participation démocratique ?

Les budgets participatifs sont un outil d’expression et de décision des citoyens. Ils s’investissent dans la vie de la cité et participent à la décision publique. Cette participation démocratique peut conduire à l’empowerment* des citoyens. Les budgets participatifs appartiennent aussi à une nouvelle offre politique qui assume un exercice du pouvoir partagé, entre élus et citoyens.

* empowerment (n.m.) 1. (anglicisme) processus par lequel une personne ou une collectivité se libère d’un état de sujétion, acquiert la capacité d’user de la plénitude de ses droits, s’affranchit d’une dépendance d’ordre social, moral ou intellectuel.

Cela existe-t ’il partout dans le monde ?

Dans son enquête de 2014, l’Institut Nexus évaluait entre 1269 et 2778 les budgets participatifs dans le monde. Ces chiffres reflètent des expériences très différentes d’un pays et d’un continent à l’autre. De la consultation sur le budget, en passant par des modèles qui se concentrent sur un quartier, se réduisent à un travail avec les institutions locales ou, au contraire, s’ouvrent à des partenaires privés, il n’y a pas un modèle standardisé.

Quelques exemples

Angers, Antony, Bondy, Epinay-sur-Seine, Grenoble, Montreuil, Montrouge, Paris, Pierrefitte, Rennes parmi les 80 villes françaises, représentant 6 millions d’habitant.e.s,  l’ayant adopté.

SD

Monnaie locale, Projet

Monnaie Locale

Qu’est-ce qu’une monnaie locale ?

Une monnaie locale est une monnaie non soutenue par un gouvernement national et destinée à n’être échangée que dans une zone restreinte, généralement à l’échelle d’une ville ou d’une région. Les monnaies de ce type sont une forme de monnaie complémentaire. Destinées à favoriser l’économie locale, elles sont souvent appuyées par les commerces et services de proximité et ne concernent qu’un éventail réduit de biens et services. On ne peut donc payer avec cette monnaie que certaines marchandises. Ce sont des monnaies qui ne génèrent pas d’intérêts financiers ou spéculatifs et qui ne prennent valeur que dans l’économie réelle.

Dans quels buts ?

Une monnaie locale peut servir à payer des achats du quotidien dans le cadre du commerce de proximité, de la vente de produits locaux.

La monnaie locale sert en général à développer l’économie locale en favorisant le commerce et la production de proximité. Par exemple, il n’est pas possible d’utiliser une monnaie locale dans un supermarché ou un hypermarché.

La monnaie locale peut également servir à développer des projets solidaires.

Il n’est pas possible de déposer de la monnaie locale sur un compte en banque.

Quels avantages ?

Les monnaies locales ont tendance à circuler plus rapidement que les monnaies nationales. La même quantité de monnaie en circulation est employée davantage de fois et entraîne une activité économique globale plus importante.

Les monnaies locales permettent à une communauté d’utiliser pleinement ses ressources productives existantes, tout spécialement la force de travail inemployée, ce qui a un effet catalytique sur le reste de l’économie locale. Elles sont fondées sur le postulat que la communauté n’utilise pas pleinement ses capacités de production, par manque de pouvoir d’achat local. La monnaie alternative est utilisée pour augmenter la demande, d’où une plus grande exploitation des ressources productives.

Puisque les monnaies locales ne sont acceptées qu’au sein de la communauté, leur usage encourage l’achat de biens et de services produits à l’intérieur de celle-ci. Par exemple, le travail de construction entrepris avec des monnaies locales emploie de la force de travail locale et utilise autant que possible des matériaux locaux.

Les monnaies locales fonctionnent généralement dans des zones géographiques relativement petites et elles encouragent le recyclage en favorisant la réduction des émissions de carbone liées au transport et à la fabrication des biens. En ce sens, elles font partie de la stratégie économique de nombreux groupes écologiques orientés vers des pratiques de vie durable.

Comment se procurer de la monnaie locale ?

Pour s’en procurer, il est nécessaire d’adhérer à une association ou une communauté porteuse d’un projet de monnaie locale. Auprès de cette association, on peut se procurer la liste des commerces qui acceptent le paiement en monnaie locale.

Il existe actuellement en France une cinquantaine de monnaies locales complémentaires en circulation.

Elles sont recensées sur le site http://monnaie-locale-complémentaire-citoyenne.net

Voir les deux articles suivants :

https://www.politis.fr/articles/2018/06/monnaies-une-soif-dalternatives-38922/

https://www.politis.fr/articles/2017/12/bienvenue-en-zone-eusko-38120/

SD