Rond Point Auchan

ROND-POINT AUCHAN « La création d’une seconde sortie au centre commercial des“Portes de Taverny” (Auchan) avait pour la première fois été évoquée avant les élections municipales de 2008. Le premier projet, qui prévoyait de créer une route traversant le bois d’Aguère (la “route d’Auchan”) et passant près d’une zone résidentielle, à Saint-Leu, était contesté. Arrivé aux responsabilités en mars 2008, le nouveau maire de Saint-Leu, Sébastien Meurant (Lr) s’y opposa. L’idée fut abandonnée. Plus question de passer à travers le bois d’Aguère. »  (la Gazette – publié le 5 novembre 2015). Des études ont été relancées en 2009 pour proposer un autre scenario. En janvier 2010, une convention avec l’Etat et le département du Val d’Oise est approuvée par délibération du conseil municipal de Taverny pour financer les études de circulation du secteur en délimitant un périmètre. « Plusieurs scenarii ont été étudiés, afin de mesurer les impacts éventuels de différents projets auxquels ont été associés les services de l’État. Au final, la solution retenue prévoit le réaménagement du giratoire A115/Rd 407 en double-giratoire (…) Ce projet mordra quand même sur la nature. Il faudra défricher 600 m2 du bois des Aulnaies, propriété de l’Agence des espaces verts. Un espace classé où le défrichement est interdit. (la Gazette – Publié le 5 novembre 2015). Par délibération du 23 juin 2016, le conseil municipal de la ville de Taverny décide d’une co-maitrise d’ouvrage avec le département du Val d’Oise, pour encore un autre projet dont les travaux sont prévus en 2018, et qui nécessitent une « mise en compatibilité » du Plan Local d’Urbanisme (et non « une mise en comptabilité » TAVERNY MAGAZINE n°22 – octobre 2018). Les travaux qui consistent « à créer un nouveau rond-point sur la Rd 407 et à modifier l’actuelle bretelle de sortie de l’A115 (Taverny-centre) seront terminées en 2020, selon Florence Portelli. Le Conseil départemental devra procéder à un défrichement de 1 200 m2 dans une partie du Domaine de Boissy, classé en espace naturel régional sensible. (la Gazette – Publié le 10 octobre 2018). « Les vingt-cinq ans d’inertie » de ce projet (TAVERNY MAGAZINE n°22 octobre 2018) ont certainement un sens, celui de la difficulté de trouver une solution satisfaisante. Le montant des travaux est estimé à 3,12 millions. La convention de financement a été répartie comme telle : 60% porté par la copropriété du Centre commercial, 40% par l’argent public : département et commune à parts égales, soit 1 248 000€. Le consommateur paie deux fois. En quoi ce projet est-il « un projet d’intérêt général » ? (comme appuyé dans le TAVERNY MAGAZINE n°22 – octobre 2018) Un aménagement routier au service de la grande distribution subventionné par l’argent public défriche 1200m² d’un espace naturel sensible protégé depuis 2007 (terrains acquis par la région Ile de France pour la protection de la ceinture verte en périphérie de Paris). Taverny bénéficie d’une entrée de ville remarquable bordée par des espaces boisés avec en fond la forêt de Montmorency. Le centre commercial « Les portes de Taverny » se fait discret en contrebas des talus plantés. Ce n’est pas sublime, mais bien supérieur à toutes ces entrées de villes moyennes françaises traversant des zones commerciales insipides, agressives d’enseignes publicitaires. C’est la particularité de la ville de Taverny, en comparaison avec les villes voisines, et qui annonce une forme de bien vivre naturellement disponible. Pourquoi, alors, favoriser la circulation automobile en entrée de ville au détriment du paysage, et au service de la grande distribution, tout en portant soi-disant l’idée de la défense du commerce local et une attention particulière à « l’embellissement du centre-ville » ? Ce projet montre une vision rétrograde et pas du tout écolo de l’aménagement du territoire, en favorisant ce qui est déjà dénoncé comme une impasse dans tout le pays : la désertification des centres-villes moyens au profit des zones commerciales périphériques, l’imperméabilisation des sols, la suppression de zones naturelles et protégées. Ce n’est qu’un tout petit rond-point (à 3,12 millions d’euros) qui semble essentiel et utile de façon unanimement reconnu. Et pourtant, c’est aussi un symbole, « celui d’un système qui aménage et homogénéise les espaces pour accélérer et fluidifier les flux marchands » (Mathieu Rivat).